Le SPAD devant le PC base avant la cérémonie Guynemer
Société pour l'Aviation et ses Dérivés

SPAD VII

Chasseur emblématique de la Grande Guerre

La maquette du CAEA

Origine

À l’origine, cette maquette du SPAD de GUYNEMER est construite sur la demande du chef des Moyens techniques du Détachement air 160 de Dakar-Ouakam au Sénégal pour une soirée de prestige donnée le samedi 22 avril 1989 par l’armée de l’Air au profit des Éléments français stationnés à Dakar.

Réalisée à partir des plans originaux fournis par le service historique de l’armée de l’air, cette reproduction à l’échelle 1 est fabriquée en deux mois avec les moyens du bord (tubes acier, bois divers et toile de bâche). Elle a une vocation éphémère et ne prétend pas être une réplique fidèle. Le but est à la fois de faire de l’effet et de relever un défi.

Placé à l’entrée de la salle de réception, le SPAD sert de décor aux photographies des invités. Cependant, son succès aidant, personne n’ose le détruire après cette manifestation. Au contraire, on modifie son plan arrière pour que l’appareil puisse mis en caisse et expédié au musée de l’Air du Bourget. Le seul et unique vol de ce SPAD se fera dans la soute d’un Transall !

Quelques années plus tard, il vient à Bordeaux pour être utilisé par le Service d’information et de relations publiques (SIRPA) dans diverses expositions. À la dissolution de cet organisme, le CAEA hérite du gardiennage du « Vieux Charles ».

Une plaque mentionnant le nom des personnels ayant participé à la fabrication était apposée sur le fuselage. Elle a disparu. Merci donc aux Sgc LASSALA (chaudronnerie), Adc BOURDIN, GIRARD et ARAY (peinture), et M. DIALLO ((hélice).

Vie au CAEA

Une fois intégré à la collection du CAEA, le SPAD VII participe à toutes les manifestations sur la Base aérienne 106. En particulier, il est présenté au Parc des expositions de Bordeaux en 2009, à l’occasion du Centenaire de l’aviation en Aquitaine. Pendu au plafond du hall A, il a fière allure !

Le projet

Mais il vient l’heure de réparer des ans l’irréparable outrage. C’est à ce moment, fin 2015, que l’appareil est définitivement cédé au CAEA.

Nous sommes alors au beau milieu des commémorations du centenaire de la Grande Guerre. Et, depuis 2014, l’idée de la construction d’une réplique de SPAD circule au sein du CAEA. Il est même envisagé, un temps, d’en faire une reproduction volante. Il est finalement décidé de construire une maquette non volante à l’échelle 1 du SPAD VII de Georges GUYNEMER, avec pour perspectives l’anniversaire de sa mort (11 septembre 1917) et la commémoration de la Victoire.

Compte tenu d’un calendrier de réalisation jugé serré, il est finalement décidé de reprendre la maquette du SPAD VII et de la restaurer entièrement.

Plus précisément, c’est le SPAD VII n°S.115, codé 2 et baptisé « Vieux Charles » qui est choisi. Cet appareil est attribué au sous-lieutenant Georges GUYNEMER le 27 août 1916. C’est son premier SPAD VII, qui est détruit le 23 septembre par un obus français, une erreur d’artillerie.

Une équipe s’est donc constituée pour ce chantier, composée de Daniel CAMARERO, Christian GÉA, Gilbert GODAILLIER, René LEMAIRE, Philippe MORETTI (maquettiste passionné par  la Grande Guerre, coordonnateur du projet), Marcel SOULETTE, Yves TARTRAT et Claude WEYGAND. À l’équipe de départ, une foule se joint au fil du temps, au point que l’on peut se demander qui dans le hangar HM2 n’y a pas participé.

Les débuts de l’aventure

Après avoir désentoilé les ailes et le fuselage, il faut se rendre à l’évidence. Cette maquette, conçue pour représenter une image aussi réaliste que possible de l’appareil d’origine, est loin d’en être une reproduction fidèle. De nombreux éléments sont à revoir, et on s’oriente plus vers une reprise générale que vers une simple restauration si l’on veut un résultat de qualité. Un état des lieux général est réalisé, la conception de l’assemblage est analysée et les solutions techniques sont finalement retenues.

Les travaux commencent concrètement en février 2016, et se terminent en avril 2018. Trop tard pour le centenaire de la mort de GUYNEMER, mais l’avion est prêt pour la commémoration du centenaire de la Victoire.

Une fois restauré, le SPAD VII participe à toutes les cérémonies commémoratives de la mort de GUYNEMER de la Base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac.

En 2018, il est présenté à l’École de l’enseignement technique de l’armée de l’Air de Saintes ; puis il participe en mai, avec un Avro 504 britannique, à la cérémonie commémorative du centenaire de la Royal Air Force et de la collaboration des deux armées anglaises et françaises, dans la cour d’honneur des Invalides à Paris ; il est également requis plus tard pour une exposition relative au centenaire de la Victoire à Saint-Jean d’Illac, sur la Base aérienne 120 de Cazaux et au salon de la BD de Gradignan, au premier étage de sa médiathèque.

En 2024 à Versailles, il trône dans le hall du palais des congrès de Versailles à l’occasion 90ème anniversaire de l’armée de l’Air et de l’Espace.