Nord 1200
Norécrin
Avion de tourisme
Historique
Le développement du Norécrin débute en 1943 dans le cadre d’un programme lancé par le Comité d’organisation de l’industrie aéronautique du ministère de l’Air, dont le but est d’encourager l’étude d’un avion civil biplace de tourisme.
Le projet trouve ses origines dans le N.1101 Noralpha, qui est en fait un Messerschmitt Bf 208 produit par la Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Nord aux Mureaux pendant la 2ème Guerre Mondiale (moteur Argus As 10, 8 cylindres en V de 240 cv, puis Renault 6Q11 et 6Q10, 6 cylindres en ligne de même puissance).
Le Norécrin, qui reprend sa formule monomoteur aile basse cantilever et train tricycle rentrant, est cependant plus petit et dispose d’un moteur moins puissant. Sa structure et revêtement sont entièrement métalliques, hormis les parties mobiles entoilées.
Le prototype, le Nord 1200 est motorisé par un Renault 4Pei d’avant-guerre, 4 cylindres en ligne inversés à refroidissement par air de 140 ch lorsqu’il s’envole pour la première fois le 15 décembre 1945 avec Georges DÉTRÉ aux commandes. Cette première version est biplace côte-à-côte avec bagages ou troisième place passager.
Le ministère de l’Air lance dès l’après-guerre un concours pour désigner le meilleur avion de tourisme du moment, les tests ayant lieu en février 1946 à Marignane. Avec sa conception moderne pour l’époque, le Nord 1200 remporte ce concours au printemps 1946, ce qui ouvre la voie à une construction en série. Les premières livraisons débutent en mai 1947.
Il remporte également, en 1948, la coupe de vitesse de Deauville et le concours d’élégance ; par la suite il établit plusieurs records de vitesse internationaux dans sa catégorie.
Production
Plusieurs versions se succèdent, se différenciant par leur motorisation ou leur nombre de sièges.
Ainsi, le Nord 1201 Norécrin I, la première version de série, est triplace et doté d’un moteur Renault 4P-01 (version produite après-guerre du Renault 4Pei).
Le Nord 1202, prototype de la première variante quadriplace, est motorisé avec un Potez 4D-01 de 160 ch ; l’hélice est une Levasseur.
Il est suivi par le Nord 1203, équipé d’une hélice Chauvière en bois, décliné en plusieurs versions :
- Norécrin II (moteur Régnier 4L-00, 4 cylindres en ligne inversés de 135 ch) ;
- Norécrin III (un II avec train d’atterrissage modifié) ;
- Norécrin IV (moteur Régnier 4L-02 de 170 ch) ;
- Norécrin V (version biplace militaire, armé de mitrailleuses et de roquettes) ;
- Norécrin VI (moteur Régnier 4L-14 de 160 ch) ;
- Norécrin M1 (prototype avec moteur Lycoming O-360 détaré à 160 ch).
Enfin, le Nord 1204 ou 1204/II est une version du N.1201 à moteur Continental 4 cylindres à plat C125 de 125 ch ou C145-2 de 145 ch avec une hélice Aéromatic.
La famille 1200 Norécrin est produite au total à 378 exemplaires. Il devient l’avion de tourisme le plus répandu en France jusqu’en 1955, et exporté dans 25 pays.
Il est également acquis par des forces aériennes : les garde-côtes argentins (3 exemplaires, utilisés de 1955 à 1961 pour des missions de liaison et de surveillance côtière), l’armée de l’Air et l’Aéronavale françaises, Israël (2 exemplaires offerts par une famille française en 1948 et utilisés brièvement pour l’évacuation sanitaire, les liaisons et l’entraînement) et la Suisse.

Sources documentaires
Jane’s All the aircraft, 1950-51