2 FOUGA MAGISTER
Fouga

Fouga CM.170R Magister

Biplace de formation initiale des pilotes militaires - Appui feu léger

Le Fouga Magister

Biplace de formation initiale des pilotes militaires - Appui feu léger

Historique

La naissance du Magister, « Fouga » dans le langage courant, est le résultat de la rencontre de quatre personnes. Depuis 1920, Gaston FOUGA possède une usine de réparation de matériel ferroviaire à Béziers, approvisionnée par une scierie-menuiserie située à Aire-sur-l’Adour. Il s’intéresse à l’aviation et veut développer une activité aéronautique à Aire. Il la démarre en 1936 et produit l’avion de Pierre MAUBOUSSIN, le M.123 Corsaire, qui était fabriqué jusque-là chez Zodiac et Breguet. À partir de 1939, Pierre MAUBOUSSIN conçoit des planeurs qui sont fabriqués chez Fouga. Puis il s’associe avec Robert CASTELLO, toujours pour concevoir des planeurs. À cette époque, cet ingénieur espagnol, vivant en France depuis l’âge de 11 ans, est employé au bureau d’études personnel d’Émile DEWOITINE, mais il dessine des planeurs depuis 1932 en dehors de son travail. Il reste chez Dewoitine jusqu’en 1944, année où celui-ci quitte la France. Le bureau d’études passe alors chez Fouga, et CASTELLO en devient le directeur technique des « Planeurs et avions Castel-Mauboussin » ; MAUBOUSSIN quant à lui est directeur des « Services aviation » de Fouga qui, cette même année, devient « Air Fouga ».

Après la guerre, Joseph SZYDLOWSKY, fondateur de la société Turboméca située à Bordes, à quelques kilomètres d’Aire-sur-l’Adour, cherche des cellules pouvant accueillir ses réacteurs. Ou bien est-ce Pierre MAUBOUSSIN qui cherche un réacteur pour ses avions ? Toujours est-il que la rencontre est prolifique, puisque plusieurs projets voient le jour : le Fouga CM8R13 Cyclone , renommé Sylphe en 1950 (réacteur TR.011 de 90 kgp, premier vol le 14 juillet 1949 ; le Fouga CM8R9 Cyclope (réacteur Piméné de 110 kgp, premier vol le 31 août 1951) ; le Fouga Cyclope II (réacteur Palas, premier vol le 28 avril 1951) ; le Fouga CM88R Gémeaux (réacteur Piméné, premier vol le 06 mars 1951) ; le Fouga Gémeaux II (réacteur Marboré, premier vol le 16 juin 1951) ; le Fouga Gémeaux III (réacteur Marboré II, premier vol le 24 août 1951) ; le Fouga Gémeaux IV (réacteur double flux Aspin 200 kgp, premier vol le 6 novembre 1951 ; le Fouga Gémeaux V, (réacteur Aspin de 360 kgp, premier vol le 21 juin 1952… Et enfin, le 23 juillet 1952, a lieu le premier vol du Fouga CM 170 R Magister (CM pour Castello et Mauboussin), dont la silhouette particulièrement fine rappelle que la société Air Fouga était jusqu’alors spécialisée dans la construction de planeurs.

Malgré la destruction accidentelle du prototype, le succès ne se fait guère attendre. Premier appareil d’entraînement à réaction de conception originale (auparavant, on utilisait des dérivés biplaces d’avions de combat), le Fouga Magister est capable d’assurer la formation complète d’un pilote, dans des conditions économiques tout à fait remarquables pour l’époque.

De construction entièrement métallique, c’est un biplace en tandem, à aile médiane et empennage papillon (en V), pourvu d’un train tricycle escamotable. Il est propulsé par deux turboréacteurs Turbomeca Marboré II puis Marboré VI.
Il peut être armé de deux mitrailleuses de 7,5 mm (de type AA52 / MAC 52 avec 400 coups), de bombes (2 x 50 kg) de roquettes (6 de 68 mm ou 18 de 37 mm) et même de missiles Air-Sol (2 AS.11).

Production

Au total, 929 exemplaires sont construits, dont 576 en France. Le dernier appareil sort d’usine le 2 mars 1969. Le montage final est effectué à Toulouse-Blagnac, sous maîtrise d’œuvre de la société Fouga, à partir d’éléments fabriqués à Aire-sur-l’Adour, Tarbes, Marignane et Blagnac. En 1958, Air-Fouga est repris par Henry POTEZ et devient Potez-Air-Fouga. En 1967, l’usine Potez Toulouse et son personnel sont repris par Sud-Aviation, qui fera partie en 1970 de la SNIAS (Société nationale industrielle aérospatiale). Les révisions sont effectuées à l’AIA de Clermont-Ferrand jusqu’en 1970, par la Sogerma à Bordeaux ensuite.

194 Magister sont fabriqués en Allemagne à partir de 1956. Les sociétés Heinkel et Messerschmitt sont désignées en août 1956 par le ministère de la défense allemand pour la construction sous licence des Fouga Magister C.M.170R. L’usine Messerschmitt d’Augsbourg se voit confier le fuselage et l’équipement, les ateliers de Munich-Riem le montage final et les essais en vol, et Heinkel, à Spire, les ailes, le train, le cockpit et les volets. L’entretien des appareils est assuré par les ateliers Messerschmitt à Riem.

62 exemplaires sont construits sous licence pour l’armée finlandaise, par Valmet OY à Tampere ; seuls les moteurs et quelques équipements sont importés.

Israël obtient également un accord de construction sous licence en 1958. Israel Aircraft Industries en construit environ 65. Les premiers appareils sortent d’usine en 1960 (sous le nom de Tzukit, qui signifie Martinet en hébreux). Cette version diffère cependant de l’appareil original : accroissement de la surface des ailerons ; utilisation de résines plastiques et de fibre de verre, en particulier pour les entrées d’air, réduisant le poids et le coût de fabrication ; des postes avant et arrière identiques ; amélioration du confort de l’équipage face aux températures élevées. L’armement standard du Tzukit israélien se compose de deux mitrailleuses Browning de calibre 7,62 mm montées dans le nez, auxquelles viennent s’ajouter 18 roquettes air-sol. Des bidons de napalm ou des bombes de 50 kg peuvent également être emportés sous la voilure. Quatre combinaisons d’armes peuvent aussi être réalisées : 2 missiles air-sol AS.11, 4 roquettes T-10 et 2 bombes de 50 kg ; 2 lance-roquettes Matra type 181 (2 x 18 roquettes SNEB de 37 mm), 2 lance-roquettes Matra type 116M (7 roquettes SNEB de 68 mm). Les missions confiées au Fouga Magister sont l’appui feu au sol.

Outre les pays l’ayant construit sous licence, citons également parmi les pays utilisateurs : Algérie, Autriche, Bangladesh, Belgique, Brésil, Cambodge, Cameroun, Gabon, Irlande, Katanga, Liban, Maroc, Ouganda, Salvador, Sénégal, Togo.

Le Fouga connaît enfin une grande carrière d’avion de collection, y compris aux États-Unis où près d’une centaine d’exemplaires y sont immatriculés.

Dans l’armée de l’Air

Acquis par l’armée de l’Air et mis en service le 29 février 1956, il équipe les écoles de pilotage, mais également de nombreuses unités opérationnelles, comme avion de liaison et d’entraînement. Il constitue en outre la monture de la prestigieuse Patrouille de France de 1964 à 1980. Son remplacement commence en 1984 par des Epsilon à Cognac. Il franchit le cap des deux millions d’heures dans l’armée de l’Air en mai 1993. Il est finalement retiré du service en 1997.