Le Canadair sur le tarmac en janvier 2014
Canadair

CL-215 Canadair

Hydravion bombardier d’eau

Historique

Les premières traces de l’emploi de l’avion sur les feux de forêts girondines se trouvent dans une circulaire, parue dans les années 20, relative à l’utilisation des avions militaires pour signaler à la population les sinistres, au moyen de messages lestés. Les terribles incendies de 1949 marquent un tournant : 53 000 hectares brûlent en juillet et août, entraînant la mort de 82 sauveteurs. Pour suivre l’évolution du sinistre et essayer de délimiter les espaces ravagés par l’incendie, des modèles divers d’aéronefs sont vus dans le ciel girondin. Des avions de liaison survolent sans cesse la forêt et signalent par radio les colonnes de fumée.

En 1963 à Ottawa, les dirigeants forestiers définirent les besoins d’un avion amphibie capable de déverser de l’eau sur les incendies de forêt afin de les éteindre. Trois ans plus tard Canadair lance le CL-215 pour répondre à cette demande. C’est le premier avion spécifiquement conçu pour la lutte anti-incendie.

Description

Le CL-215 est un hydravion à coque à simple redan, avec flotteurs de stabilisation accrochés sous les saumons de voilure. Le train d’atterrissage tricycle comprend un diabolo avant et un atterrisseur principal à roues uniques. Il est propulsé par deux Pratt & Whitney R2800 et hélices tripales, dont les nacelles sont intégrées à l’aile haute monobloc.

Dans sa version de lutte contre les incendies, il est mis en œuvre par un équipage de deux pilotes. Il est équipé d’un système de réservoirs d’eau d’une capacité de 5 135 litres, d’une réserve de produit moussant de 320 litres, et de deux écopes escamotables à faible traînée. Le remplissage s’effectue en effleurant la surface d’un plan d’eau à 75 nœuds (135 km/h) ; l’avion s’alourdit alors de 500 kg/seconde, l’opération prend 12 secondes. Le largage est réalisé à une altitude entre 30 et 50 m, la pression d’eau générée au sol est alors d’environ 5 bars, avec un effet destructeur possible sur les objets fragiles (tuiles, toitures légères, bâches, petits arbres jeunes).

Le produit moussant peut être mélangé à l’eau à hauteur d’environ 24 litres pour 6 tonnes d’eau, permettant de doubler la superficie de liquide projeté au sol. La mousse forme un coussin temporaire sur le feu, ralentissant la propagation, mais s’évapore plus rapidement que les retardants chimiques rouges.

Grâce à l’écopage (remplissage en 10–12 secondes), le cycle « écopage-largage » peut être très court, ce qui permet un nombre élevé de rotations par jour. Ainsi, si le plan d’eau est à proximité, en comptant un cycle de 6 à 10 minutes, un équipage peut réaliser 30 à 40 largages en une journée de 5 à 6 heures d’opérations intenses.

Grâce à ses capacités amphibies, le CL-215 peut également accomplir des missions de recherche et sauvetage et de patrouille. Dans cette version, il comporte un poste de navigateur, un poste de mécanicien, deux observateurs et quatre sièges ou six civières. Il peut être équipé d’un radar météo. Aménagé pour le transport, il peut emporter de 15 à 19 passagers ou neuf civières pour l’évacuation sanitaire.

Production

La production est lancée en 1966 pour 30 exemplaires (20 pour la province du Québec, 10 pour la France). Le premier vol a lieu le 23 octobre 1967 et le premier déjaugeage le 2 mai 1968. La certification canadienne est obtenue en mars 1969.

Le premier CL-215 est livré en juin 1969. La commande du Québec ayant été réduite à 15 exemplaires, les 5 autres appareils sont achetés par la France, l’Espagne et la Grèce. En l’absence de nouvelle commande, la chaîne de production est arrêtée, puis rouverte pour l’Espagne et la Grèce.

En 1987, Canadair modifie certains CL-215 en CL-215T. Les modifications concernent le remplacement des moteurs en étoile par des turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PW123AF, l’amélioration de l’aérodynamique grâce aux éléments fixés aux ailes et à l’empennage, des commandes de vol assistées, un poste de pilotage avec conditionnement d’air ainsi que des systèmes électrique et avionique de pointe.

Ainsi, un total de 125 appareils sont construits, en cinq séries, jusqu’en 1989. 17 CL-215 seront modifiés en CL-215T, 15 pour l’Espagne et 2 pour le gouvernement du Québec. Huit pays, répartis sur quatre continents, exploitent cet appareil.

Carrière

En France ils sont mis en œuvre par le Sécurité civile à partir de juin 1969. Ils sont exploités pendant 27 ans jusqu’en octobre 1996. La flotte comprendra au total 15 appareils, plus un CL 215 en location pour la seule saison feux 1981.

L’Espagne  met en œuvre 30 CL-215/215T parmi lesquels 13 seront transformés en CL-215T et 2 seront livrés directement avec des turbopropulseurs. Ils entrent en service entre janvier 1971 et novembre 1989. Sept seront perdus.

Les autres utilisateurs sont plusieurs provinces du Canada , la Grèce, la marine royale Thaïlandaise, la CVG Ferrominera Orinoco CA au Venezuela , une société privée aux États-Unis et la Croatie (initialement la Yougoslavie).

 

Sources documentaires

Amicale des pompiers du ciel
Site web Bombardier
Jane’s All the Aircraft
Canadair CL-215/215T, Alas españolas, Reserca Anticipada Ediciones