Br.1050 Alizé
Avion embarqué de lutte anti-sous-marine
et de surveillance
L’Alizé n’était pas l’avion le plus rapide de l’Aéronavale — loin de là — mais il était solide, endurant et très maniable à basse vitesse.
Un jour, lors d’un déploiement sur le porte-avions Clemenceau, la météo est exécrable : vent fort, pluie, mer agitée. Les chasseurs modernes (Étendard) ont du mal à se poser, certains remettent les gaz à plusieurs reprises.
Arrive l’Alizé, turbopropulseur traînant son radar ventral comme une vieille valise. Le pilote, imperturbable, cale sa vitesse à 90 nœuds, descend tranquillement, accroche le brin du premier coup… et roule sur le pont comme s’il rentrait d’un tour de piste à Lann-Bihoué.
Dans le hangar, un mécano lâche : “C’est pas un avion, c’est un tracteur ! Lui, tu peux l’apponter sous un cyclone, il s’en fout”.
Depuis, l’Alizé a gardé cette réputation : pas spectaculaire, mais increvable et fiable, l’avion sur lequel on pouvait compter quand la mer se déchaînait.