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10 déc. 2025

Projet de remise en état de fonctionnement du Jaguar E23

FIN DE LA PHASE 1 DE LEVEE DES RISQUES

La première étape, dite de levée des risques, du projet de remise en état de fonctionnement du Jaguar E23 vient de s’achever. Les conclusions sont positives, aucun point bloquant n’est identifié à ce stade. À suivre…

Le Jaguar et sa potence

 

Historique du projet

Autour des années 2010, l’Amicale de la 11ème Escadre de chasse forme le projet de remise en vol d’un exemplaire du mythique Jaguar. Ce projet doit finalement être abandonné pour de multiples raisons non abordées ici.  Le Jaguar E23, préservé à cet effet, échoue sur la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac.

L’Amicale, présidée par le GDA (2S) Jean-Luc CROCHARD, a depuis reconsidéré ses ambitions et vise désormais une remise « en état de fonctionnement » de cet appareil. Il s’agit principalement de mettre en route les deux réacteurs de l’appareil et de le voir si possible s’animer au sol. Techniquement, le projet se résume aux principaux domaines suivants (non exhaustif) :

  • Circuit carburant : remplissage F1 (avec nourrices) permettant un plein de carburant par gravité de 960 litres (maximum), largement suffisant pour des mises en route et un roulage sur la plateforme.
  • Circuit hydraulique permettant a minima le freinage, la sortie des volets et des aérofreins, ainsi que les mouvements des spoilers, de la gouverne de direction et des trappes de train, sans oublier la dirigeabilité et le bon débattement des demi-plans horizontaux.
  • Éclairages : train, rotating, feux de position, etc.
  • Radio opérationnelle (ou radio autonome) pour contacter la tour et tableau de bord disposant des instruments moteur et panne indispensables à un roulage en toute sécurité.
  • Peinture avion.

Peu à peu, le projet prend forme, à travers une association entre l’Amicale et le CAEA. Le lobbying à l’attention des différentes autorités de l’armée de l’Air et de l’Espace commence. Il se concrétise par la transmission d’une feuille de route au Délégué du patrimoine de l’AAE le 13 février 2025. Finalement, le 1er septembre 2025, le cabinet du chef d’état-major de l’AAE donne son feu vert pour l’engagement par l’Amicale de la 11ème Escadre et le CAEA d’une première phase de travaux de « levée des risques ». L’objectif est de déterminer la présence, ou non, d’obstacles majeurs à ce projet, ainsi que la méthodologie pour les résoudre ou les contourner.

La phase 1 de levée des risques du projet

Début 2023, le colonel LOURIOU, commandant la BA 106, avait demandé au CAEA de bien vouloir accueillir le Jaguar E 23 dans le HM2. Il gisait en effet dans le HM3 depuis plusieurs années. En septembre 2023, profitant du chamboulement du HM2 nécessité par les journées européennes du patrimoine, le CAEA remonte partiellement l’appareil, trie les multiples caisses de matériels stockés et déplace le tout dans le HM2 contre sa façade sud. Il y reste ainsi deux ans. Les JEP organisées sur la BA 106 en septembre 2025 permettent à nouveau au CAEA, une fois ses aéronefs sortis, de revoir l’organisation interne du HM2 (bravo Lolo !). Le fuselage du Jaguar E23, avec les trois réacteurs disponibles à Mérignac, est transféré dans un emplacement ad hoc près de la sortie nord-ouest du HM2. Avec l’autorisation du colonel LEFEBVRE, commandant la BA 106, trois appareils sont provisoirement stockés hors HM2 (Le Mystère 20, le Mirage III C et le Mirage F1 EQ) pour libérer un espace de travail autour du Jaguar.

Une équipe de l’Amicale de la 11 est constituée, avec notre vice-président Alain ARPINO, Jean-Luc CROCHARD (ancien pilote et président de l’Amicale), Gérard RIOTTE ancien mécanicien vecteur spécialiste cellule/hydraulique JAG de l’AAE, collaborateur bénévole du service public au sein du musée Rozanoff de la BA 118 de Mont-de-Marsan) et coordinateur technique du projet, Michel GARGOULAUD (ancien mécanicien vecteur spécialiste cellule/hydraulique JAG de l’AAE et membre de la section Vol du CAEA), Sylvain LATZER (ancien mécanicien vecteur spécialiste cellule/hydraulique JAG de l’AAE), Daniel LE DREFF (ancien mécanicien avionique spécialiste élec JAG de l’AAE et de la SOGERMA), Pascal VARIN (ancien mécanicien cellule/hydraulique JAG, spécialiste 2ème échelon de l’AAE) et Patrice WALBOTT (ancien mécanicien vecteur spécialiste moteur JAG de l’AAE). Tous ceux qui ne le sont pas déjà prennent également le statut de membre actif du CAEA afin de pouvoir œuvrer au sein des installations confiées au CAEA par l’AAE. Le mardi 21 octobre les travaux de diagnostic débutent. Peu à peu, quelques volontaires supplémentaires viennent s’agréger au noyau dur : Jean-Pierre BÉNARD (ancien mécanicien équipement de bord JAG au CEAM), Hervé CHAGNIOT (ancien officier mécanicien), Sébastien KACHELHOFFER (ancien mécanicien celle hydraulique JAG de la 11 et la 7), André RÉGULSKI (ancien officier mécanicien), Michel VARGAS (ancien mécanicien structure JAG de la 7ème Escadre de chasse). En tant que de besoin, les « rats du hangar » du CAEA, qui avaient préparé le terrain, apportent leur concours aux travaux parallèles (verrières, sièges) ; on peut citer Lolo, Thierry, Bernard, Jean-Charles, Jean-Marc, Arnaud, Jean-Pierre…

Les travaux courent jusqu’au 10 décembre, date à laquelle un rapport de fin d’étape est transmis au Délégué au patrimoine de l’AAE. Les nouvelles sont bonnes, il n’existe pas de point bloquant à ce stade des investigations. Plus précisément, on retiendra :

  • Un bon état général de conservation de l’appareil, même si la présence de corrosion raisonnable, constatée sur plusieurs équipements hydrauliques, atterrisseurs, structure ou électrique, nécessite d’agir rapidement pour traiter et stopper celle-ci ; les procédures curatives et préventives sont simples et parfaitement identifiées et maîtrisées.
  • La disponibilité de 6 turboréacteurs (3 à Mérignac dont 2 sur chariots de pose/dépose et 1 en conteneur ; 2 en conteneurs à Lyon-Corbas et 1 en conteneur à Mont-de-Marsan), ainsi que de 2 Microturbo supplémentaires ; les moyens et dispositifs de tests à venir sont identifiés.
  • Les liaisons électriques ont été examinées avec une attention particulière ; s’il apparaît que de nombreux connecteurs, corrodés, devront être changés, l’important travail à réaliser ne devrait pas être rédhibitoire au bon achèvement du projet.
  • L’examen du SNA (Système de navigation et d’armement), non indispensable au bon achèvement du projet, permet toutefois d’être optimiste quant à la possibilité d’en faire revivre une bonne partie, d’autant plus que ces équipements sont très limités sur un biplace.
  • Le projet dispose d’une documentation technique très complète au travers de la bibliothèque de CAEA et d’archives électroniques. Il peut compter sur un lot de rechanges d’une trentaine de mètres cubes constitué par le musée Rozanoff (récupéré sur la BA 721 de Rochefort) et entreposés sur la BA 118. Une liste a été établie des matériels de servitude et outillages spécialisés pouvant être utiles, une autre des besoins en produits et ingrédients divers nécessaires à la remise en fonctionnement des circuits hydrauliques, électriques, carburant et moteurs.

Sur la base du dossier de « levée des risques » transmis à l’AAE fin 2025, l’équipe attend sa réponse pour connaître la suite à donner au projet. Nous vous ferons part de cette décision et, dans l’espoir du feu vert espéré, à partir de ce moment nous pourrons renforcer l’équipe en place avec tout volontaire prêt à rejoindre le projet. 

Tout le monde espère bien entendre à nouveau rugir le félin prochainement ! En attendant, voir ci-dessous quelques images du passé récent.